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"Toi là la nature sauvage, tu bronches pas : tout est sous contrôle"

jeudi 26 avril 2018

Le pire dans l’histoire c’est que ce désastre est peut-être fondé sur un malentendu. Car le souffle sauvage qui anime le mouvement social est un élan d’amour, une pulsion de vie. Vivre pourtant dans ce monde fracassé. Vivre malgré la litanie récurrente des collapses à venir. Imaginer des suites aux mondes en multipliant les tentatives.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit n’est-ce pas ? S’il est enfin admis que nous avançons bon pied vers une rupture systémique, comment prétendre empêcher la force de vie qui pousse et poussera encore les humains à multiplier les expériences singulières avec l’idée que l’une de ces mutations soit adaptative pour l’espèce (ce qui déjà en soit est un acte d’amour) ? Comment prétendre dompter ainsi la nature même de l’inventivité, de la créativité loufoque et merveilleuse dont le vivant fait preuve à chaque changement ?

Alors s’il y a cette volonté de l’état de mater avec tant de brutalité les tentatives de bourgeonnement dits ’anarchiques’ dans l’écologie ou l’école, peut-être est-ce en vertu de l’application stricte et rigoureuse d’un modèle préconçu qui obéit à un processus contrôlé ? Un modèle techno-scientifique qui justifierait toutes les régressions sociales, toutes les privations de liberté pour s’imposer ?

Alors se joue dans le bocage l’absurde combat de la ’raison’ - et son lot de progrès, de lois, d’état - contre la Nature sauvage - anarchique et magique ?
En tous cas, dans la destructionpar les gaz on peut reconnaître à la ’raison’ une volonté nette de désinfecter, désinsectiser, hygiéniser le site occupé par les crasseureuses, en rompant dans la foulée toute possibilité pour la faune, flore et fonge locale d’une repousse rapide, à grands coups de tractopelles et de chars ...

Ici le message de la ’raison’ est clair : "Toi là la nature sauvage, tu bronches pas : tout est sous contrôle"